
Le travail de Gui Christ (São Paulo) se concentre sur les communautés et les cultures périphériques au Brésil. En mêlant un langage visuel contemporain à l’anthropologie et à la recherche historique, ses images proposent des perspectives critiques et immersives sur l’inégalité so...
Le travail de Gui Christ (São Paulo) se concentre sur les communautés et les cultures périphériques au Brésil. En mêlant un langage visuel contemporain à l’anthropologie et à la recherche historique, ses images proposent des perspectives critiques et immersives sur l’inégalité sociale, la mémoire et la résistance. Depuis 2015, il développe des projets photographiques au long cours et a reçu plusieurs des distinctions les plus prestigieuses de la photographie au Brésil, dont le Prix de Photographie Marc Ferrez (2021), le Prix Diário Contemporâneo do Pará (2017 et 2019) et le Prix National de Photographie Pierre Verger (2017). Son premier livre, Marrocos (2016), qui documente la plus grande occupation de sans-abri à São Paulo, a été sélectionné parmi les meilleurs livres photo latino-américains de l’année. Son œuvre a été présentée dans de grands festivals internationaux, tels que PhotoEspaña (Espagne), Festival de la Luz (Argentine), le Prix du Livre Photo Latino-américain (Mexique), Photoville (États-Unis) et Indian PhotoFest (Inde). En 2022, il a reçu deux bourses internationales majeures, le Pulitzer Center for Journalism et la National Geographic Explorer Grant, pour soutenir sa recherche sur les mythologies et traditions spirituelles afro-brésiliennes. En 2024, il a été sélectionné parmi plus de 5 000 artistes pour représenter l’Amérique latine au PhotoVogue Festival (Italie), et en 2025 il a remporté la première place dans la catégorie Portrait aux Sony World Photography Awards. Ses photographies et ses livres figurent dans d’importantes collections publiques et académiques, parmi lesquelles le Musée National des Beaux-Arts (Brésil), le Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro, le Musée de la Ville de São Paulo, l’Université Harvard (États-Unis), la Maison Européenne de la Photographie (France) et la Bibliothèque Nationale de France.
4 œuvresAnthropologieTraditionsCulture afro-brésilienneColonisationSpiritualité afro-brésilienne
M’kumba est un projet en cours dédié à la documentation de l’influence profonde des religions d’origine africaine sur la formation et l’évolution de la culture brésilienne. Le nom du projet provient d’un ancien terme de la langue kongo, historiquement utilisé pour désigner des sorcières et des personnes sages. Avec le temps, ce terme a été associé de façon péjorative aux religions africaines au Brésil, reflétant une histoire complexe d’interactions culturelles et d’oppression. Pendant trois siècles, à partir du XVIe siècle, le Brésil a connu la migration forcée de près de cinq millions de personnes d’origine yoruba, bantoue et ewé, réduites en esclavage. En plus de leur déplacement physique, ces personnes ont amené avec elles de riches traditions religieuses, qui se sont imbriquées dans le tissu de la société brésilienne. Bien qu’ils représentent 56% de la population brésilienne, les personnes d’ascendance africaine restent significativement sous-représentées parmi celles qui se déclarent afro-religieuses, principalement par crainte de discrimination et de persécution. À travers des plateformes telles que les réseaux sociaux et des rassemblements réels, ces individus réaffirment leur héritage culturel et défient l’intolérance religieuse. En mettant en lumière ces efforts, M’kumba vise à valoriser les traditions afro-brésiliennes au sein du paysage culturel brésilien, favorisant la compréhension et l’appréciation de ces pratiques religieuses marginalisées.



