
Fernanda Liberti (Rio de Janeiro) est une artiste brésilienne qui travaille principalement avec la photographie et la vidéo. Elle commence la photographie à l’âge de 15 ans. En 2013, elle s’installe à Londres pour suivre une formation en photographie au London College of Communic...
Fernanda Liberti (Rio de Janeiro) est une artiste brésilienne qui travaille principalement avec la photographie et la vidéo. Elle commence la photographie à l’âge de 15 ans. En 2013, elle s’installe à Londres pour suivre une formation en photographie au London College of Communication (UAL). Diplômée avec mention et lauréate du prix Best in Show pour sa série FFF, Fernanda poursuit ensuite ses études au Royal College of Art, où elle obtient un master en photographie en 2022. Elle est sélectionnée comme l’une des lauréates du prix Dior Photography and Visual Arts Award for Young Talents en 2022, remporte le British Journal of Photography International Photo Award ainsi que le prix Portrait of Humanity. En 2023, elle reçoit le Deloitte Photo Grant pour développer son projet en cours intitulé Dust From Home. Elle est actuellement chargée de cours associée en photographie à l’University of the Arts London.
7 œuvresPeuples indigènesColonisationAnthropologieTraditions
Son œuvre majeure Danse avec les Tupinambá s’inspire des traditions du peuple Tupinambá du Brésil, exprimées à travers une cape de plumes sacrée. Ce court-métrage et cette série de photographies présentent Glicéria Tupinambá – collaboratrice de Fernanda Liberti, artiste, commissaire d’exposition et leader autochtone – portant ce vêtement singulier pour parcourir avec grâce la Serra do Padeiro, dans le sud de Bahia, immergeant le spectateur dans la beauté de l’environnement et dans la valeur ancestrale de la cape. Des capes comme celle-ci existent depuis au moins le XVe siècle. Mais en raison de la fracture coloniale, les Tupinambá – autrefois le plus important groupe ethnique du Brésil – ont été décimés, et les survivants contraints d’abandonner leur culture. Pendant trois siècles, seules onze capes ont subsisté, toutes conservées dans des musées et collections européens. Le voyage d’une cape du Danemark vers le Brésil, à l’occasion d’une exposition, a déclenché des protestations au sein de la communauté Tupinambá, qui lutte depuis plusieurs années pour reconquérir son identité, ses droits et ses terres. En 2020, Glicéria a mené suffisamment de recherches pour créer une nouvelle cape authentique, confectionnée à partir de plus de 4 000 plumes d’oiseaux issues de sources durables et façonnée collectivement par de nombreux artisans. « En juin 2021, je me suis rendue à Serra do Padeiro pour rencontrer Glicéria, photographier son processus de fabrication des capes et mieux comprendre ce que ce retour signifie pour sa communauté. Ces images sont le fruit de cette rencontre et de cette collaboration », explique Liberti. Une image en particulier, Mille en un, résume pour l’artiste l’esprit du projet. Elle représente Glicéria assise devant l’autel familial, composé d’une multitude de peintures, sculptures et totems représentant des saints catholiques, des Orixás africains et des divinités indigènes. « L’image illustre la complexité de notre époque : Glicéria, vêtue de sa cape – où tradition et innovation se rencontrent, passé et présent – pose à genoux au cœur du syncrétisme religieux brésilien. On peut y voir mille ans en un jour, mettant en valeur la diversité des cultures qui font du Brésil… le Brésil. »





