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« Altinha » est un jeu qui consiste à maintenir le ballon en l'air sans utiliser les mains. Joué sur les plages de Rio de Janeiro, il s'agit d'un sport carioca par excellence, né dans les années 1960 et pratiqué au bord de la mer, de préférence près de l'eau, où les pieds ne sont pas brûlés par le sable chaud. On remarque l'esprit de coopération entre les joueurs, qui ne rivalisent pas entre eux, mais s'entraident, car ils ont tous le même objectif : ne pas laisser tomber le ballon. Tanara Stuermer propose d’observer avec ses photographies le dessin qui se crée dans les mouvements des joueurs dans un temps et un espace définis, ce qui donne du rythme à ces scènes où les acteurs ne se contentent pas de garder le ballon en l'air, mais créent par leur gestuelle une chorégraphie fascinante. Cela la conduit à réaliser plusieurs études de mouvements qu'elle décompose en séquences inspirées des travaux d'Eadweard Muybridge et d'Étienne-Jules Marey. Mais contrairement à eux, sans reproduire la méthode de la chronophotographie, elle intervient sur ses images pour créer des compositions qui rappelle des partitions musicales et conduit le regard vers des lignes narratives au cœur de chaque œuvre. Ainsi naissent des chorégraphies de corps, des jeux d'horizons inclinés, et l'oscillation des ombres des nuages sur les corps. Tanara Stuermer représente les joueurs en plein vol avec le ballon, élevés vers le ciel puis retombant, comme s'ils étaient des anges suspendus. L'artiste a trouvé dans ces figures un moyen de sacraliser la série Altinha, les joueurs et le sport, avec une succession d'images qui cherchent à représenter la monumentalité des corps en action, dans des images classiques, mais avec des lignes contemporaines. Parallèlement, en essayant d'organiser une chorégraphie avec ses photographies, Stuermer a commencé à gérer leur densité et a décidé de les imprimer sur du papier calque, ce qui a constitué la phase la plus importante de son travail jusqu'à présent. Elle a mélangé et superposé ses images dans des découpes qui isolent les corps et les mouvements pour ensuite les réconcilier à nouveau, créant ainsi des scènes qui projettent les possibilités pouvant être générées à partir d'un mouvement. Diluer les images leur a permis d'être absorbées par la transparence du papier et les superpositions, et c'est ainsi qu'elle a obtenu un récit, comme si les joueurs étaient au rythme d'un tambour dans une action qui se multiplie dans un seul cadre. Maintenant, ils semblent frapper la balle au son d'un berimbau. En assemblant les œuvres avec des impressions sur papier calque, elle a cherché, au-delà du rythme, à comprendre la nature des mouvements et les limites des corps, de leur force. Elle se concentre sur la danse, le geste. Contrairement au cinéma, où les scènes sont composées de photogrammes séparés, ici les images se mélangent et la scène entière se déroule dans un seul cadre. Toujours à la recherche des frontières de la communication humaine, des contours des relations entre les personnes, sa recherche se consacre aux éléments qui constituent cette activité, dans le but de comprendre cette inquiétude qui maintient ces jeunes hors du monde virtuel et connectés entre eux. Stuermer cherche à montrer, à travers la matérialité des impressions de la série Altinha, le caractère palpable des relations humaines et amicales entre les joueurs.






C'est à travers ses études sur la théorie de l'image pendant ses années d'histoire dans le sud du Brésil que Tanara Stuermer a découvert le pouvoir documentaire de la photographie. Elle a commencé à photographier en 2009 et s'est intéressée à la photographie de rue. Dans la série...
C'est à travers ses études sur la théorie de l'image pendant ses années d'histoire dans le sud du Brésil que Tanara Stuermer a découvert le pouvoir documentaire de la photographie. Elle a commencé à photographier en 2009 et s'est intéressée à la photographie de rue. Dans la série Barraqueiros, elle a exploré pendant plusieurs années l'architecture de la plage de Rio de Janeiro, ville où elle réside depuis 2007. Ensuite, elle s'est consacrée à la série « Interférences », produite à Paris et à Rio de Janeiro. Dans ce travail les images flirtent avec l'abstraction et sont capturées à travers l'interférence de matière plastique pour documenter la réalité des relations humaines contemporaines. Toujours en utilisant des interférences, mais en mettant l'accent sur la materialité de l'image, elle défie actuellement certaines limites de la photographie avec des impressions superposées, afin d'examiner les mouvements et leurs possibilités dans le football de plage carioca dans la série Altinha. Tanara Stuermer est représentée par la Galerie du Passage Pierre Passebon à Paris, France.