
Márcia Charnizon est photographe et artiste visuelle brésilienne, diplômée en communication sociale de la PUC-MG/ Brazil. Elle a commencé à photographier en 1983, développant une pratique qui articule différentes formes et expériences hybrides, parmi lesquelles la photographie, l...
Márcia Charnizon est photographe et artiste visuelle brésilienne, diplômée en communication sociale de la PUC-MG/ Brazil. Elle a commencé à photographier en 1983, développant une pratique qui articule différentes formes et expériences hybrides, parmi lesquelles la photographie, la vidéo, l’écriture et l’art sonore. Son travail porte sur l’analyse des formes de violences non évidentes qui structurent les corps, les relations et les lieux dans la vie contemporaine, ainsi que sur les manières dont les régimes de production et de circulation des images participent à leur maintien ou à leur remise en question. Elle développe des projets collaboratifs qui interrogent les normes sociales et rendent visibles les dimensions de la violence symbolique inscrite dans le discours quotidien. Pour elle, l’image se construit dans la relation avec la personne photographiée, à partir du temps, de la confiance et de l’intimité, conditions au sein desquelles elle inscrit sa pratique.
15 œuvresFemmes et féminismeCorps et performanceViolences sociales
Une femme sur trois dans le monde a déjà été victime de violences domestiques au cours de sa vie. En 2025 seulement, environ 316 millions de femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles commises par une personne de leur entourage intime. Selon les données du Sénat fédéral brésilien, au cours de la même année, 3,7 millions de femmes ont subi dans le pays des violences domestiques ou familiales. Le Brésil occupe la cinquième place mondiale en nombre de féminicides. Entre 2023 et 2025, 454 748 cas de violences domestiques ont été enregistrés dans l’État de Minas Gerais. À Belo Horizonte, ville où vit l’artiste Márcia Charnizon, ces épisodes ont maintenu une moyenne d’environ 1 500 signalements mensuels. Avant l’agression physique — et jusqu’au féminicide — existe une violence occultée : la violence du discours. Les crimes de haine sont précédés par de discours de haine. Si les mots peuvent tuer, que se passe-t-il lorsqu’ils ne sont même pas reconnus comme violents? Partant du principe qu’un acte violent constitue une dépossession du protagonisme, ce travail cherche à rompre le silence en réunissant des femmes de plus de 50 ans qui exposent, sur leurs corps, les marques laissées par des phrases violentes ayant traversé leurs trajectoires. Chaque photographie constitue le chapitre d’un récit collectif, dans lequel s’inscrivent des discours sexistes, racistes et misogynes — moteurs de la violence dans les relations sociales.





