
Carolina Arantes est une artiste visuelle et photographe qui réside entre la France et le Brésil et travaille à l’international. Née en 1980, Carolina a grandi entre Minas Gerais et São Paulo, où elle a obtenu un diplôme en photographie au SENAC et en communication sociale et en ...
Carolina Arantes est une artiste visuelle et photographe qui réside entre la France et le Brésil et travaille à l’international. Née en 1980, Carolina a grandi entre Minas Gerais et São Paulo, où elle a obtenu un diplôme en photographie au SENAC et en communication sociale et en journalisme à l'Université catholique. Les questions de genre et d'identité ont toujours été importantes dans sa vie personnelle et professionnelle. Originaire d’un pays où les structures de représentation sont fragiles, elle s'intéresse à la manière dont l'histoire coloniale est encore présente dans la démocratie. Son parcours dans le journalisme donne la base aux recherches approfondies qui sont la base de son travail créatif. Carolina a reçu plusieurs bourses et prix photographiques, dont Firecracker et la bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère. Elle a été artiste invitée par le Centre Georges Pompidou lors de l'année thématique « Elles font l'Art » (2020). Carolina est exploratrice pour National Geographic depuis 2020.
9 œuvresCulture afro-brésilienneIdentités LGBTQ+Violences socialesFemmes et féminisme
Le mot « Tombamento » est une appropriation positive du verbe argotique brésilien « tombar », qui désigne le meurtre d’un jeune Noir par la police. L’appropriation vise à dire : « S’ils vont nous tuent, nous nous relèverons ». Le terme « Tombamento » est aujourd’hui, le tout nouveau mouvement de la jeunesse noire brésilienne LGBT et féministe qui a pu entrer à l’université pour la première fois dans l’histoire du pays grâce à l’aide (prêts et bourses) du précédent gouvernement, et qui revendique maintenant sa place et ses droits dans la société brésilienne. Le mouvement se déroule dans tout le Brésil, et il est particulièrement innovant car Afro-LGBT et Afro-féministes qui portent au premier rang le combat le plus important du Mouvement Noir au Brésil aujourd’hui. Principalement composé de jeunes Noirs invisibilités des banlieues, ils accumulent toutes les minorités, raciales, de genre et économiques. Ce sont eux qui souffrent le plus de la violence perpétrée au Brésil contre les personnes noires. Le Brésil est le pays le plus violent au monde contre les personnes LGBT et les femmes afro-descendantes. Selon des statistiques récentes ont dénoncé que environs 500 femmes sont agressés chaque heure et les femmes Noires âgées de 16 à 25 ans étant touchées deux fois plus. Tous les jours, une personne LGBT est assassinée dans le pays. En 2017, la violence contre les personnes LGBT a augmenté de 30% au Brésil. Bien que le mouvement soit très positif avec plein d’espoir, l’entrée à l’université a donné du pouvoir à ces jeunes et les a rendus farouchement fiers de leurs racines africaines, si bien qu’ils revendiquent maintenant leur place dans la société brésilienne, dont les structures coloniales les poussent toujours vers l’invisibilité. Tombamento est un mouvement puissant qui ébranle les bases de la démocratie post-coloniale fragile au Brésil et revendique une véritable démocratie où les Afro-descendants sont inclus. Le Brésil a connu une inclusion sociale significative au cours des 15 dernières années, mais tous ces programmes risquent d’être annulés. Jeune tombamento lutte et résiste lentement mais continuellement pour sa survie, physiquement et émotionnellement, à travers les arts, par des moyens colorés d’affirmer leur présence, ainsi que par des fêtes, des rassemblements et des manifestations. Pour eux, avoir une profession est probablement le seul moyen de sortir des favelas (un bidonville brésilien).





