
Artiste visuelle, performeuse, danseuse et butoka, Élle de Bernardini (Itaqui) vit et travaille à São Paulo. Formée en ballet classique à la Royal Academy of Dance de Londres, elle inscrit sa biographie de femme trans dans le cœur de sa production artistique. Son œuvre explore l’...
Artiste visuelle, performeuse, danseuse et butoka, Élle de Bernardini (Itaqui) vit et travaille à São Paulo. Formée en ballet classique à la Royal Academy of Dance de Londres, elle inscrit sa biographie de femme trans dans le cœur de sa production artistique. Son œuvre explore l’intersection des questions de genre, de sexualité, de politique et d’identité, en dialogue avec l’histoire de l’art et de l’humanité. Son travail a été présenté dans des institutions nationales et internationales prestigieuses, parmi lesquelles le Museu de Arte de São Paulo (MASP), la Pinacothèque de l’État de São Paulo, le Museu de Arte do Rio (MAR), le Museu de Arte do Rio Grande do Sul (MARGS), le Museu Nacional da República, le Memorial da América Latina, le MAC-RS, Pivô Arte e Pesquisa, le Farol Santander et le Centre Culturel de São Paulo. Elle a également participé à la 12e Biennale du Mercosul. Ses œuvres font partie de collections importantes, notamment celles du Museu de Arte do Rio Grande do Sul (MARGS), du MAC-RS (Porto Alegre), du MAC-Niterói (Rio de Janeiro), de la collection Santander Brasil (São Paulo), du Museu de Arte do Rio (MAR), du Museu de Arte Moderna do Rio de Janeiro, de la Fondation Marcos Amaro (Itu), du Museu Nacional da República (Brasília), du Museu de Arte Moderna de Recife, de la Pinacothèque de l’État de São Paulo, ainsi que de la Collection du Gouvernement français (Bibliothèque nationale de France, Paris).
6 œuvresCorps et performanceIdentités LGBTQ+
La série de photos-performances « L’Impératrice » naît d’une volonté de combler une lacune historique dans la représentation des personnes transgenres dans l’histoire de l’art. C’est du jeu entre : l’architecture, la performativité du genre et le pouvoir, qu’émerge la figure de l’Impératrice incarnée en moi. Cependant, en réalité, il fonctionne comme un alter ego à travers lequel j’expose mes privilèges (blanc, apparence féminine, classe moyenne…), mais sans oublier que je suis une personne et un corps transsexuel, pour enquêter sur ce que j’appelle : « Mécanismes d’acceptation et de rejet ». Elles s’inscrivent sur les corps sous forme de codes : apparence, (race, genre, orientation sexuelle) ; et la richesse (classe sociale), et ils fonctionnent comme des marqueurs qui les conduisent à être plus acceptés et admirés, ou moins acceptés et admirés, selon le type de codes présents dans les corps. Être une artiste transsexuelle me place en marge du système, que ce soit dans la vie ou dans l’art, mais lorsque je suis habillée en « Impératrice », les portes des lieux de pouvoir s’ouvrent pour moi, et les gens viennent m’accueillir et me traiter comme si j’étais une « souveraine », annulant le fait que je suis un corps transsexuel. Les vêtements et la performativité du pouvoir fonctionnent comme une « armure » biomécanique contre les préjugés. Ce travail est un processus ouvert qui n’a pas de date de fin. Il s'agit de traverser des lieux de pouvoir, notamment ceux de l'art, en suivant certaines règles qui doivent être convenues entre l'Impératrice et les Institutions. Les musées doivent être fermés, sans public, comme ce fut le cas au MAC-Niterói. De préférence, sans expositions en cours, comme le MAM-Rio. Ou qu'ils soient complètement vides, comme ce fut le cas du Santander Cultural, de la Bibliothèque Nationale et du Parque Lage, qui ont vu leurs salles vidées pour que l'Impératrice puisse passer et être photographiée. L’œuvre consiste en une grande mise en scène du pouvoir, ou en une vérification de la manière dont fonctionnent en pratique les mécanismes d’acceptation et de rejet. Je contacte les institutions, je présente le projet, les photo-performances des séries déjà réalisées, où l'on peut voir les vêtements et les bijoux que je porterai, j'attends l'approbation, puis je visite les espaces et je me fais photographier par un photographe privé qui suit strictement mes instructions. Le projet s’inspire de la vie de grandes souveraines, qui n’exercent aujourd’hui pas de pouvoir réel, comme la reine d’Angleterre, qui est une figure performative, sans pouvoir réel, mais représentative du pouvoir symbolique. Mais aussi dans toutes les autres qui se sont distinguées comme figures féminines de pouvoir, comme : Élisabeth I, Cléopâtre, Néfertiti, Catherine la Grande, la reine Victoria d'Angleterre.





